Christie Vanbremeersch, le postivisme de l’action


Orientation épanouie / lundi, avril 15th, 2019

Retrouvez l’interview de Christie en format podcast sur Soundcloud, iTunes, Ausha, Spotify ou Eeko.

Avez-vous trouvé la raison de vous lever le matin ? 

Vous avez très certainement entendu parler d’ikigaï récemment. « Iki quoi ? » s’interrogent certaines de mes amies. L’ikigaï touche à la fois au développement personnel et professionnel ; des thématiques en plein essor à en croire la médiatisation de ce concept. 

Cet art de trouver sa place m’intriguait. Pour creuser la question, j’ai eu la chance d’interviewer Christie Vanbremeersch, auteure de Trouver son ikigaï, vivre de ce qui nous passionne . Le livre est doublement intéressant. En premier lieu, il donne des clés concrètes pour aller à la rencontre de son ikigaï. Par ailleurs, il relate les récits de vie de personnes qui ont elles-mêmes trouvé ce fameux ikigaï. 

Lors de l’enregistrement, Christie est revenue avec franchise, douceur et humour sur son parcours. J’ai été très touchée qu’elle évoque les difficultés de la vie sans fard, et partage ses astuces pour construire un futur qui nous convient. 

Écrire sur ce qui lui a manqué 

Enfant volubile, Christie remarque que sa maman peine à absorber son flot de parole. Coucher ses idées sur papier devient alors une évidence. Littéraire dans l’âme, orientée contrariée vers une filière économie, l’écriture ne la lâchera jamais. 

Prendre la plume devient même une nécessité, pour faire face à la mélancolie. Afin de pallier la tristesse, Christie écrit un livre sur la joie intitulé Aujourd’hui je choisis la joie, 100 chemins creux pour être heureux chaque jour. Parce qu’elle a pu se sentir « paumée », notamment dans sa vie professionnelle, elle va également écrire ce livre sur l’ikigaï. 

En fait, quand ça ne va pas, « inventer des trucs et des machins » permet de se raccrocher au flot de la vie, dit-elle gaiement. Ce message simple me semble toutefois important. Dans nombre de livres de développement personnel et professionnel, la vie de l’auteur.e peut rapidement sembler un peu édulcorée. Ça n’est nullement le cas avec Christie, ce qui est libérateur et rassurant. Nous avançons tous avec nos petits et grands problèmes, et le secret reste finalement… de mettre un pied devant l’autre. Même pour accomplir un pas minuscule, ou un pas de côté. 

Mets-toi en marche et l’univers suivra

Être tendu vers un objectif est la meilleure des manières de progresser. En tout cas, c’est ce qui convient à Christie lorsqu’elle évoque son passage en prépa HEC à Saint Louis de Gonzague. Dans les moments de doutes, qui ont notamment fleuri lors de son année de « carré » (la deuxième année de prépa), le fait de croire (et que son père croie) dans la possibilité de sa réussite a été fondamental. Grâce à des heures et des heures d’annales de maths, Christie parvient à intégrer les bancs de la fameuse école.

Les débuts à HEC sont vides et désoeuvrés. Comme plusieurs de ses camarades, Christie souffre de la perte du cocon de la prépa et de la motivation à atteindre un objectif commun. Aussi, la réalisation d’un rêve, celui d’entrer à HEC en l’occurrence, se traduit par un moment de latence consécutif. J’ai trouvé ce point intéressant, tant cela est caractéristique des générations qui ont travaillé de manière acharnée pour passer un concours ou obtenir un diplôme. Une fois cette étape passée, il n’est pas rare de ressentir un vide important. 

D’où l’importance selon Christie de se mettre en mouvement, pour le caractère anti-dépressif de l’action. Avec poésie, Christie me parle même de « secouer sa tristesse ». AU bout de dix-huit mois, Christie retrouve pied et s’investit dans plusieurs projets. Théâtre, voyage à l’étranger, elle se sent encouragée et soutenue par son école – dès qu’elle a un projet, l’école abonde par des conseils utiles, des moyens financiers ou matériels. Sortie de l’école, elle trace sa voie, qui va la conduire à devenir consultante et formatrice en créativité. 

L’ikigaï, ou comment insuffler une dose de philosophie japonaise à nos vies

Le concept d’ikigaï surgit dans sa vie alors que Christie est confrontée à la vieillesse de sa grand-mère chérie. Elle réalise alors des recherches et tombe sur les « blue zones », ces endroits du monde où il fait bon vivre et passer ses vieux jours en bonne santé morale et physique. L’une d’entre elles est l’archipel d’Okinawa. Mais qu’ont en commun ces petits bouts de paradis ? La vie en communauté, l’égalité hommes/femmes, l’activité physique quotidienne et une alimentation saine, le sentiment partagé par les habitants d’être utiles. 

Aller vivre à Okinawa ne semblait pas réaliste. Et pourtant, Christie a trouvé sa « blue zone » à elle, à Malakoff. Non, cette ville à l’orée de Paris ne bénéficie pas d’un micro-climat particulier. Mais la convivialité insufflée par des actions communautaires (qu’elles soient communistes ou catholiques, ou sportives, ou artistiques) et la plus grande présence de verdure qu’à Paris suffisent à rendre la ville accueillante. Et à ne pas avoir le sentiment de ne vivre que pour sa pomme, comme le dit malicieusement Christie. 

Cet aspect de l’ikigaï est intimement lié à ses racines historiques japonaises. Le mot apparait dès le 12ème siècle dans l’Empire du soleil levant. Aujourd’hui, c’est plutôt la définition coaching que nous connaissons. J’adore d’ailleurs la petite phrase de Christie pour en résumer l’essence : la vocation, oui mais avec du pognon ! Il s’agit de l’équilibre parfait entre ce que l’on aime faire, ce pour quoi on est doué, ce pour quoi on peut être payé et ce dont le monde a besoin. Voyez plutôt le schéma ci-dessous :

Un idéal atteignable 

Une question me brûle les lèvres à la fin de l’interview : est-il vraiment possible d’atteindre cet idéal ? Sans hésiter, Christie me répond par l’affirmative : « Je suis convaincue qu’il y a un couvercle pour chaque pot ». Preuve en est son enquête menée auprès de toutes ces personnes qui vivent leur ikigaï, et dont le parcours est retracé dans son livre. Bien sûr, chaque cas est différent. Il y a celles et ceux qui savaient dès le plus jeune âge ce pour quoi ils étaient faits et qui se sont donné les moyens de vivre cette vocation. Et puis il y a les « late bloomers », dont la vocation n’apparaît que tardivement. 

Mais alors, si nous n’avons pas encore eu la chance de trouver le nôtre, comment faire ? Christie me transmet son meilleur conseil en la matière : rencontrer des gens passionnés par ce qu’ils font. L’enthousiasme que véhicule ces personnes engage à faire de même, et nous tire vers le haut. Attention cependant, cela doit également passer par un important travail sur soi pour trouver sa place. Passer du temps dans le silence de sa chambre ou de la nature, comme l’indique Christie, est important pour prendre le temps de répondre à la question de ce que l’on souhaite vraiment. Cet aller-retour entre quête intérieur et monde extérieur est essentiel pour trouver sa place, et chacun peut y parvenir à sa manière. 

Pour en savoir plus sur mon échange avec Christie, à vous écouteurs ! Par ailleurs, je vous encourage à vous procurer son ouvrage pour vous poser les bonnes questions dans votre cheminement vers l’ikigaï. Vous pouvez également la retrouver sur son blog maviesansmoi.com, qu’elle alimente un jour sur deux. 

Une réponse à « Christie Vanbremeersch, le postivisme de l’action »

  1. […] « Si tu veux que l’argent rentre, il faut se bouger, presque 100 fois plus qu’en étant salarié.e ». Quand je demande à Julie ce que lui a appris son aventure entrepreneuriale, elle souligne à quel point se vendre soi-même est la plus grande difficulté à laquelle elle a été confrontée. « Tu apprends à vivre différemment, peut-être parce que tu es rempli.e par autre chose ». Plus de shopping entre midi et deux pour Julie. On touche au fameux ikigaï, ou alignement des valeurs et de la réalité du monde du travail, évoqué par Christine Vanbremeersch à mon micro. […]

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