Les sens de nos vies


- Graines d'orienté - / mercredi, octobre 31st, 2018

– Temps de lecture : 2 minutes –

Filer droit : c’est l’encouragement que la plupart d’entre nous recevons en matière d’orientation. Collège, lycée, études supérieures, stage, premier emploi, carrière et salaire stable.

Les trublions de l’orientation

Petite devinette que je vous soumets : qui se cache derrière le parcours suivant ? Lycée, école de commerce, emploi à Air France, au Club-Med, CAP et BEP boulangerie, auteur d’un guide sur les 1263 boulangeries artisanales de Paris, co-fondateur de son entreprise.

Il s’agit d’Augustin Paluel-Marmont, co-fondateur de Michel et Augustin. Mon objectif en vous parlant de son cheminement n’est pas uniquement de vous faire saliver en pensant à de délicieux cookies… Il s’agit plutôt d’en apprécier les détours et les rebonds, d’ailleurs très bien retranscrits dans l’excellent podcast de Pauline Laigneau « Le Gratin ».

Dès le lycée, voire la fin du collège, à un âge encore tendre, nous sommes sommés de choisir une orientation à notre vie. Cette étape est bien sûr nécessaire. Mais nous ne pouvons pas réduire le choix de notre orientation à un instant T, comme si cela déterminait entièrement le sens de notre vie.

De la difficulté d’imposer un sens à sa vie

« Que veux-tu faire dans la vie ? ». Silence, gêne, stress. On ne peut pas nier que cette interrogation couperet est légèrement inquiétante.

Milan Kundera écrit : « Un homme ne peut savoir ce qu’il veut. Il a seulement une existence qu’il ne peut confronter à ses vies précédentes, ni réparer dans ses vies suivantes. (…) Nous vivons tout pour la première fois et sans préparation, comme un acteur qui improvise sa pièce ».

Nous tentons bien évidemment de réaliser des choix aussi rationnels que possible à l’heure de déterminer notre futur (enfin, la plupart d’entre nous…). Mais ces mêmes choix seront bientôt confrontés aux incertitudes que nous réserve l’avenir. Notre environnement change. Nous changeons. Et donc, même en matière d’orientation, nous improvisons !

Je vous détaillais dans un premier article mon profil pas si original de hamster confirmé. Mon propre parcours, je l’ai envisagé comme une série de choix longuement soupesés, de blocs de vie auxquels on aurait pu donner des titres, d’articulations de carrière bien huilées.

L’illusion de la voie toute tracée

En gros, mon parcours, je le voyais comme ça :

En gros, mon parcours, ça a donné ça :

Il n’y a donc pas un sens à nos vies, mais bien plusieurs sens, plusieurs directions, plusieurs chemins qui vont s’ouvrir à nous. L’école n’offre pas une voie toute tracée. L’orientation est un processus à part entière, une construction à laquelle nous oeuvrons tout au long de notre existence.

Le cheminement d’Augustin Paluel-Marmont démontre bien que l’orientation ne peut plus être envisagée de manière linéaire aujourd’hui. Le socle de connaissances et de compétences acquis lors de notre formation est bien évidemment important. Mais la recherche d’une orientation épanouie passe par bien d’autres éléments.

Aiguiller nos jeunes pousses

Que conseiller à nos graines d’orientés ?

  • Je crois que je reviendrai régulièrement sur ce point, mais il semble essentiel de désacraliser le moment de l’orientation. Si cette dernière est bien sûr à aiguiller avec soin, il ne s’agit que d’un premier projet, qui se modèlera au fur et à mesure du parcours de votre enfant.  
  • Encourager nos jeunes pousses à élargir leurs horizons. Savoir ce que l’on veut et ce pour quoi l’on pourrait être fait n’est pas une révélation, comme nous l’enseigne Kundera. Cela se construit en vivant des expériences diverses, et en faisant preuve de curiosité.
  • Valoriser le scolaire, mais pas seulement. Chaque enfant, qu’il obtienne de bons résultats à l’école ou non, renferme des savoir-faire et savoir-être – parfois insoupçonnés (ne voyez pas uniquement l’adolescent rebuté qu’il peut être parfois, avec son air absorbé par son téléphone). Ce sont ces compétences qui l’aideront à faire preuve de résilience et d’adaptabilité pour vivre une orientation sereine et épanouie.

Et vous, avez-vous l’impression d’avoir eu un parcours linéaire ? Comment partagez-vous votre propre expérience avec votre enfant ? Comment votre graine d’orienté envisage le.s sens de sa vie ? N’hésitez pas à commenter cet article et à poser vos questions ci-dessous, j’y répondrai avec plaisir !

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