Marion de La Forest Divonne, “Une orientation ou une réorientation réussie part de soi”.


Orientation épanouie / lundi, février 4th, 2019

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Je ne peux débuter ce billet sans vous faire part d’un regret qui m’habite, au regard de la longue traversée solitaire que représentation la reconversion. Soupir. Si seulement le livre de Marion de La Forest Divonne, coach professionnelle et animatrice d’ateliers, intitulé “Réinventer sa vie professionnelle… quand on vient de la commencer” m’était tombé dans les mains plus tôt !

Mon cheminement vers la reconversion, je le perçois a posteriori comme un mélange assez inextricable de sentiments contraires. Un jour, j’étais désespérée, résignée à subir ma vie professionnelle. Un autre, je me sentais complètement bizarre : si les autres arrivaient à s’accommoder de leur quotidien au travail, avec ses hauts et ses bas, pourquoi pas moi ? Parfois, je me sentais en colère, m’accablant intérieurement de reproches. Bon et puis certains jours, fort heureusement, une petite voix un peu plus sympa me donnait l’élan nécessaire pour sauter le pas de la bifurcation professionnelle 😉

Je voudrais bien, mais je peux point : oser la réorientation

Mais je me suis sentie seule, bien seule, alors que j’ai pourtant toujours eu la chance d’être bien entourée. Peur de décevoir, de ne pas me montrer à la hauteur des mes études et des responsabilités professionnelles qui m’avaient été confiées par la suite, bref, je préférais me la jouer “poker face” et mobiliser toute mon énergie pour enchaîner les journées de travail. Effet cocotte minute garanti.

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C’est le fameux poids du “on”, dont Marion parle dans le podcast. Ce “on” est un amas diffus de pressions principalement anticipées de la société, du regard extérieur, de ce qui peut paraître bien. La réorientation, c’est ce travail nécessaire de “se décoller de ce que l’on attend de nous” comme elle le souligne.

Comme vous pourrez le constater, mon benchmark du secteur de la réorientation s’est étoffé depuis quelques temps. Malheureusement, et pour une raison que j’ai de la peine à cerner avec le recul, et il était assez fragmentaire au début de ma reconversion… Je n’ai donc découvert le livre de Marion et son approche de coaching qu’a posteriori. Pour celles et ceux qui envisagent un renouveau professionnel, procurez-vous cet ouvrage de toute urgence, il contient de précieux conseils (et je précise qu’il est joliment illustré par Marion, ce qui ne gâche rien) !

Une première (ré)orientation loupée : se poser les bonnes questions

Et le livre de Marion m’a touchée à plusieurs égards. Déjà, parce que comme elle, la sonnette d’alarme a été tirée par mes proches. Gentille chieuse de nature, quelque peu râleuse il est vrai, la morosité de mon quotidien démultipliait franchement ces traits de caractère. Et la tristesse qui me prenait parfois à la gorge n’arrangeait rien. Alors, lorsque l’on entend les êtres qui nous sont chers dire “tu ne peux plus continuer ainsi”, cela fait nécessairement réfléchir. Est-ce que je souhaite imposer ma frustration à mon entourage semaine après semaine ? Cette question a beaucoup joué dans ma prise de décision.

Ensuite, parce qu’à l’instar de Marion, j’ai loupé ma première reconversion professionnelle. Marion avait ainsi entamé une aventure entrepreneuriale autour de la maroquinerie, après avoir travaillé dans le marketing pour des marques de prêt-à-porter. Mais lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle n’a même pas envie de montrer les premiers prototypes de ses créations à sa famille, les questions fusent… Pour ma part, j’avais effectué une transition du ministère de la Défense à une entreprise de conseil en développement durable. La cause me tenant à coeur, je me disais qu’il s’agissait certainement de la meilleure piste à suivre.

Dans nos deux cas, et Marion l’analyse parfaitement dans le podcast, nous avons mis en place des stratégies, certes efficaces, mais pas adaptées à notre besoin premier. Avec un effet couperet assez direct : celui de retomber dans des métiers qui ne nous plaisaient pas.

Le temps de la connaissance de soi comme premier jalon

Car il y a une étape fondamentale dans toute reconversion. Celle de partir de soi. C’est-à-dire de prendre le temps de réfléchir à ce que l’on souhaite, à ses goûts, à ses envies, au cadre du travail qui nous conviendra le mieux. Et de ne surtout pas partir de l’extérieur ! Car comme l’affirme très justement Marion : “Une orientation ou une réorientation réussie part de soi”. La solution parfaite qu’une tierce personne ou un test pourrait nous révéler n’existe pas. Il n’y a pas meilleure manière que de prendre le temps d’assembler soi-même les pièces de son puzzle personnel et professionnel sur la voie de l’épanouissement.

La composante développement personnel est à ce titre essentielle. J’entends encore souvent des avis très réservés, voire amusés de cette tendance nouvelle à se tourner vers le développement personnel pour se sentir mieux dans ses baskets. Et pourtant, cela n’a rien d’accessoire, de farfelu ou d’exagérément nombriliste. La définition de Marion le prouve : ce sont des outils de psychologie accessibles qui peuvent être mis au service du développement personnel et professionnel de chacun. Se sentir à l’aise avec soi-même, oeuvrer à bâtir une vie qui nous convient, n’est-ce pas le meilleure moyen de s’ouvrir aux autres et d’aller de l’avant ?

La génération Y, tout un poème !

Alors il est vrai que la génération Y – l’expertise de Marion en la matière est éclairante – n’est pas seulement intolérante au gluten mais aussi à la frustration. Par ailleurs, elle n’a pas la patience de ses aînés quand elle sent que ses valeurs et son travail ne sont pas alignées.

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Et là, j’ai bondi sur l’occasion pour interroger Marion sur une question qui me taraude : la réorientation professionnelle à 28 ans, est-ce un caprice ? Ouf, je suis rassurée, car Marion rapporte que nos aînés approuvent le plus souvent cette démarche.

Car oui, la quête de sens n’est pas la panacée des trentenaires. D’ailleurs, chaque génération doit dépasser des obstacles qui lui sont propres. Les tiraillements ressentis à la trentaine, qui représente assez communément une période de changements de vie (allez, au choix : 👶💍🏡), ne facilitent pas la tâche…

Apprendre à vivre des transitions professionnelles

Cette sage parole de mon invitée devrait être soufflée dans les oreilles des jeunes pousses comme des bifurqués. Difficile d’imaginer le futur du travail alors qu’il évolue très rapidement. Par ailleurs, beaucoup de jeunes ne suivent plus aujourd’hui les trajectoires linéaires qui ont été celles de nos parents. Les changements de poste plus fréquents, les chemins de traverse, l’acceptation grandissante des profils dits atypiques : autant de raisons qui plaident pour l’acquisition de cette flexibilité et de cette adaptabilité au cours de nos parcours scolaires et professionnels.

Première orientation ou réorientation, quelle serait alors la question clé à se poser pour avancer sereinement ? Marion suggère de revenir à l’essence même du sens que le travail recouvre pour chacun de nous : la fameuse question “Pourquoi je travaille ?”. Se connecter à notre propre réponse, c’est mettre en mouvement nos valeurs et ce qui conditionne cette formidable action qui est celle de se lever chaque matin…

Et vous, quelles sont les raisons qui vous incitent à vous extirper du sommeil cinq jours sur sept ? En êtes-vous satisfaits ?

Retrouvez l’ensemble de l’interview de Marion, qui nous donne les principaux outils pour remplir son kit de survie de l’orientation et la réorientation, dans l’épisode 5 de Graines d’orienté.

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