Pauline Grisoni, « Ne faites pas de calculs dirigés par vos peurs ».


Orientation épanouie / jeudi, janvier 10th, 2019

Dans vos oreilles, pour la première fois.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir (mâtiné d’une légère fierté) de pouvoir vous présenter mon premier épisode de podcast dédié à l’orientation. Le podcast, depuis quelques mois, anime mes trajets parisiens, rythme mes séances de sport et rend nettement plus intéressantes certaines tâches ménagères. C’est donc un format que j’affectionne, vous l’aurez compris. Cette fabuleuse découverte, qui m’a ouvert mille horizons, je la dois à Pauline. 

Pauline Grisoni est en effet la créatrice du podcast 👂🎧 La leçon. Des personnalités au parcours assez épatant (jugez par vous-même : le chef pâtissier Cédric Grolet ou encore la sportive de l’extrême Stéphanie Gicquel) ont l’humilité de décortiquer au micro de Pauline un échec particulièrement cuisant de leur parcours. D’où le titre : La leçon, le podcast sur l’art d’échouer. Outre le côté méchamment satisfaisant de se dire qu’après tout ils ne sont pas si surhumains que cela, on apprend comment remettre l’échec à sa juste place, et à ne pas se laisser plomber à la première difficulté (enfin, on essaie, tout du moins). 

Double coup de coeur à la première écoute du podcast de Pauline, alors que la personne interviewée était Pauline Laigneau, co-fondatrice de le marque de joaillerie Gemmyo. Etudes littéraires, syndrome de la bonne élève, doutes, hésitations et réinvention de son orientation… Le témoignage de Pauline Laigneau raisonnait énormément avec mes doutes du moment, mais également avec mes prises de conscience. 

Parlons orientation !

Alors que je mûrissais mon projet de revenir à la question source de ces fameux doutes et prises de conscience, c’est-à-dire l’orientation, j’ai tout de suite souhaité en faire un podcast. Car ce format, c’est le privilège de pouvoir échanger avec des personnes dont le projet ou le parcours me semble particulièrement intéressant et pertinent pour éclairer les ressorts de l’orientation. Et par orientation, j’entends orientation scolaire, bien évidemment, mais également orientation personnelle et professionnelle. Des choix de vie, en somme. 

C’est donc tout naturellement que j’ai souhaité réaliser ma première interview avec Pauline. Qui m’a tout de suite dit oui, avec la grande gentillesse et accessibilité qui la caractérisent ! Me voilà donc, enregistreur en main, accueillie par la sémillante Pauline et par son assistante Romy, un Yorkshire qui a parfaitement su jouer au roi du silence pendant l’enregistrement. Prise de son captée, je ressors pleine de bonnes ondes de cet échange. Et surtout animée de l’envie de vous faire partager quelques-uns des enseignements distillés par Pauline. 

S’écouter quand on est lycéen… pas si simple.

Pauline Grisoni est aujourd’hui journaliste plurimédia. L’orientation, c’est pour elle en premier lieu le choix de filière qu’elle a dû faire au lycée. Son coeur balançait alors pour la filière L. Superbe ! Une discussion de littéraire à littéraire ! Quand je repense à mon propre choix de filière, je me souviens de préjugés franchement ancrés dans les esprits, qui ne surprendront aucun lecteur. Des adultes aux jeunes, tout le monde y allait de son petit mot sur ce choix d’études. Avec une principale préoccupation : la filière L, c’est bouché, ça ne mène à rien, c’est pour les troubadours et les aspirants SDF. 

J’ai finalement poursuivi en L, mais Pauline ne s’est quant à elle pas écoutée, et rattrape aujourd’hui le temps perdu avec Proust et confrères.soeurs. Avec le recul, les années ont passé et les évènements de vie se sont enchainés. Mais il n’en reste pas moins une pointe de frustration quand elle repense à ce (non) choix. Et, au cours de l’épisode, Pauline remet parfaitement en perspective la difficulté de prendre des premières décisions à un âge où l’on se construit encore, où les figures d’autorité et les injonctions de la société restent nos premiers repères. 

Car très vite, les jeunes peuvent devenir des « éponges à peur » qui absorbent tous les avis et conceptions de leur entourage. Pas simple de s’écouter dans ces conditions. Surtout quand, comme l’a vécu Pauline, une figure d’autorité (la spéciale dédicace au proviseur que vous avez pu écoutée dans l’enregistrement) remet vos capacités en doute.

1000 vies pour les jeunes d’aujourd’hui, et autant d’orientations possibles.

Non pas qu’il faille éliminer tout réalisme des choix d’orientation. Mais pour celles et ceux qui sans être nécessairement scolaires ou avoir d’excellentes notes, auront le goût de l’effort, le salut est possible, même après une filière littéraire ! Vous l’aurez compris, le sujet n’est pas ici la réforme du bac, qui soulève par ailleurs de nombreuses questions. Pour un prochain podcast peut-être 🙂 Mais j’en reviens à mes moutons, pour citer Pauline « Il y aura toujours de place place pour les gens qui se bougent le c**». 

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Journaliste, c’est typiquement le métier pour lequel on entend très tôt : « Ah tu veux faire journaliste ? C’est un beau métier. Bon par contre c’est vrai que ça ne paie pas très bien et que c’est bouché »… Pauline rappelle ce que je peux constater aujourd’hui au travers de mon propres parcours : nous avons eu et aurons 1000 vies scolaires et professionnelles. Alors, si la motivation est là, pourquoi ne pas foncer ? C’est exactement ce qu’a fait Pauline, qui me parle de sa fierté corse. 

Sur le chemin du kiff, ne faites pas de calcul dirigé par vos peurs

Quand j’ai demandé à Pauline son meilleur conseil d’orientation, elle n’a pas hésité. Ne faites pas de calcul dirigé par vos peurs. Aux grands et petits, à celles et ceux qui cherchent leur orientation scolaire ou professionnelle, la recommandation vaut. En particulier pour les parents, qui, selon leurs propres conceptions, voudront orienter au mieux leur progéniture adolescente… pas si simple de se départir de ses préjugés et de ses sensibilités. Pas si simple de faire le tri et le bon choix dans la masse d’information que l’orientation demande de traiter. 

Comme le parcours de Pauline le démontre, il n’y a pas de voie idéale toute tracée, de chemin facile, de choix évidents, la plupart du temps. Il faut apprendre à se faire confiance, à s’adapter continuellement pour s’engager avec enthousiasme et détermination dans les milles vies qui nous attendent, et à trouver son « kiff » à soi. Pour Pauline, c’est aujourd’hui chose faite !

Découvrez l’intégralité de ma discussion avec Pauline dans l’épisode #1 de Graines d’orienté :

👂🎧 Soundcloud

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